Ligue des nations de l’UEFA 2026/27 : groupes, calendrier, format et enjeux majeurs
La Ligue des nations de l’UEFA fait son retour le 24 septembre. Le Portugal, tenant du titre, entame la défense de son trophée avec un nouvel entraîneur et un Cristiano Ronaldo de 41 ans, l’Espagne dispute son premier tournoi depuis son sacre mondial, tandis que l’Allemagne, les Pays-Bas et la France vont découvrir ce qui changera avec l’arrivée de Jürgen Klopp, Xavi et Zinédine Zidane.
Pour de nombreuses sélections, ce sera le premier véritable test de leur nouvel effectif, le premier pas vers l’Euro 2028 et la dernière édition de la Ligue des nations dans son traditionnel système à quatre divisions.
Zidane, Klopp, Mancini et Xavi : quatre nouveaux projets

Allemagne : Klopp entame une reconstruction. Les Allemands ont quitté la Coupe du monde dès les seizièmes de finale, battus aux tirs au but par le Paraguay. Klopp commence par une décision forte : il a convoqué 44 joueurs répartis en deux équipes pour les quatre rencontres d’automne. Parmi eux, les potentiels débutants Hennes Behrens, Younes Ebnoutalib et Finn Jeltsch ont eu leur chance. L’entraîneur voit Joshua Kimmich au cœur du milieu de terrain, tandis que Marc-André ter Stegen débutera le premier match dans les buts. La mission de Klopp dépasse l’ajout d’un pressing spectaculaire : il doit rapidement donner à la sélection une plus grande solidité sans ballon et déterminer qui peut devenir sa base pour les prochaines années. Les débuts auront lieu le 24 septembre à Amsterdam contre les Pays-Bas.
Pays-Bas : Xavi commence par devoir choisir entre expérience et renouvellement. À la Coupe du monde, l’équipe de Ronald Koeman a été éliminée en seizièmes de finale après une séance de tirs au but face au Maroc. Xavi a conservé le capitaine Virgil van Dijk, rappelé Jeremie Frimpong et convoqué deux possibles débutants, Ruben van Bommel et Jivay Zechiël. En revanche, le meilleur buteur de l’histoire de la sélection, Memphis Depay, ne figure pas dans la première liste. L’Espagnol a expliqué que ses idées étaient proches de celles de l’école footballistique néerlandaise. La grande question est désormais de savoir à quelle vitesse l’équipe commencera à davantage maîtriser le ballon et à imposer son propre rythme à l’adversaire. Le test sera immédiat : le premier match de Xavi sera contre l’Allemagne de Klopp.
France : Zidane dispose déjà d’une base solide. L’équipe de Didier Deschamps a atteint les demi-finales de la Coupe du monde, où elle s’est inclinée face à l’Espagne. Kylian Mbappé a conservé le brassard de capitaine, mais la première liste de Zidane ne s’est pas limitée aux cadres habituels : le jeune défenseur Jérémy Jacquet et l’attaquant Estéban Lepaul y figurent notamment. Le nouvel entraîneur devra répondre à une question essentielle : comment réunir les meilleurs éléments offensifs français au sein d’un système efficace ? Il débutera à l’extérieur contre la Türkiye le 25 septembre, avant d’affronter la Belgique trois jours plus tard.
Italie : Mancini revient en quête d’un nouveau succès. L’entraîneur qui avait conduit la sélection au sacre de l’Euro 2020 entame un deuxième mandat à la tête de l’équipe. Il peut toujours compter sur des cadres qu’il connaît bien : Gianluigi Donnarumma, Nicolò Barella, Alessandro Bastoni et Giovanni Di Lorenzo. Mais Mancini devra également faire une place à la nouvelle génération : le jeune attaquant Pio Esposito a déjà inscrit cinq buts en neuf matches avec l’Italie. La première rencontre contre la Belgique, le 25 septembre, montrera à quelle vitesse le technicien saura combiner expérience et jeunesse.
Les changements concernent également d’autres sélections. Mark van Bommel a pris les commandes de la Belgique, tandis que le Portugal, double vainqueur de la Ligue des nations, a confié la défense de son titre à Jorge Jesus. Cette nomination est particulièrement intéressante pour Ronaldo : les deux hommes ont déjà travaillé ensemble à Al-Nassr. L’Espagne de Luis de la Fuente, elle, est devenue championne du monde et doit désormais prouver qu’elle peut maintenir son niveau sans changer de cap.
Les meilleurs groupes : là où la bataille commencera dès la première journée
Groupe A1 — France, Italie, Belgique, Türkiye. Ici, il n’y aura presque pas de temps pour prendre ses marques : le 25 septembre, l’Italie recevra la Belgique tandis que la Türkiye accueillera la France. Trois jours plus tard, les Belges affronteront l’équipe de Zidane. La France dispose d’un effectif profond, mais son nouvel entraîneur doit encore faire ses preuves ; l’Italie retrouve Mancini, la Belgique se teste avec van Bommel et la Türkiye, promue dans l’élite, tentera de passer du statut d’adversaire difficile à celui de prétendant aux quarts de finale. Un mauvais premier match ne condamnera personne, mais la densité du calendrier rendra toute erreur particulièrement difficile à corriger.
Groupe A3 — Espagne, Angleterre, Croatie, Tchéquie. Dès le 26 septembre, Wembley accueillera le choc entre l’Angleterre et l’Espagne, remake de la finale de l’Euro 2024. Cette fois, l’adversaire des Anglais est également le champion du monde en titre. L’équipe de Thomas Tuchel a retrouvé la Ligue A après sa promotion, tandis que la Croatie, emmenée par Martin Baturina et Luka Modrić, peut tenir tête à n’importe quel favori. La Tchéquie, vainqueure de son groupe de Ligue B la saison dernière, entame ce nouveau niveau par un match contre les Croates. Pour l’Espagne, l’enjeu est différent : le champion du monde sera-t-il capable de maintenir son intensité après un long tournoi estival ?
En dehors de ces deux groupes, d’autres affiches seront immanquables. Dans le groupe A2, la toute première soirée opposera Xavi à Klopp, tandis que dans le groupe A4, la Norvège d’Erling Haaland et le Portugal, champion en titre, se retrouveront dès le 27 septembre.
Les joueurs à suivre

Lamine Yamal, Espagne. À 19 ans, il entame la Ligue des nations en tant que champion du monde et joueur qui donne le tempo aux attaques du « Barça ». À la mi-septembre, il comptait déjà huit buts et six passes décisives en huit matches cette saison. La question est désormais de savoir s’il transposera son efficacité en club à ses rencontres contre l’Angleterre et la Croatie, et s’il aidera l’Espagne à reconquérir un trophée qu’elle avait remporté en 2023.
Kylian Mbappé, France. Le capitaine entame le cycle de Zidane après une demi-finale mondiale et le titre de meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde. Il compte déjà huit buts et deux passes décisives cette saison. Son rôle ne fait aucun doute, mais son positionnement sur le terrain reste une question pour le nouvel entraîneur : utiliser la vitesse de Mbappé sur un côté ou lui confier plus souvent la finition dans l’axe ? Le capitaine a l’occasion de conduire son équipe vers un deuxième titre en Ligue des nations.
Erling Haaland, Norvège. Les Norvégiens ont disputé une Coupe du monde pour la première fois depuis des décennies et atteint les quarts de finale ; ils vont maintenant faire leurs débuts en Ligue A. Haaland avait inscrit sept buts lors de la précédente édition et reste, avec 19 réalisations, le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des nations. Le défi est clair : conservera-t-il cette efficacité face au Portugal et au Danemark, alors que le niveau des adversaires s’est élevé ?
Jude Bellingham, Angleterre. Le demi-finaliste de la Coupe du monde réalise un début de saison éclatant : trois buts et deux passes décisives lors de ses sept premières rencontres de championnat. L’Angleterre devra battre des adversaires qui maîtrisent parfaitement le ballon, à commencer par l’Espagne. Bellingham pourrait devenir la pièce maîtresse de l’équipe dans les phases de transition.
Arda Güler, Türkiye. En ce début de saison, le milieu du Real Madrid affiche un but et trois passes décisives en six matches de championnat. Avec sa sélection, sa capacité à créer des occasions sera particulièrement précieuse lorsque l’adversaire contrôlera le ballon. Les rencontres contre la France, l’Italie et la Belgique montreront si Güler peut devenir le leader de la Türkiye dès son arrivée parmi les grandes sélections européennes.
Cristiano Ronaldo, Portugal. À 41 ans, il fait toujours partie du groupe du champion en titre, tandis que sa relation avec le nouvel entraîneur Jorge Jesus ajoute une intrigue supplémentaire à cette histoire. Après une nouvelle Coupe du monde peu convaincante, la pression est forte sur Cristiano. Les discussions sur son utilité pour la sélection se multiplient. Mais la question la plus importante est ailleurs : quel rôle lui sera confié dans cette entame chargée de quatre matches, et aidera-t-il le Portugal à conserver son titre ?
Viktor Gyökeres, Suède. Ses neuf buts ont fait de lui le meilleur buteur de la précédente édition, au cours de laquelle la Suède avait remporté son groupe de Ligue C. La situation de l’attaquant est désormais différente : il n’a encore été décisif à aucune reprise et n’est pas, pour l’instant, un titulaire indiscutable. Sa sélection évoluera en Ligue B face à la Pologne, à la Bosnie-Herzégovine et à la Roumanie. Pour Gyökeres, c’est l’occasion de retrouver son rythme, de confirmer son efficacité contre des adversaires plus solides et de conduire la Suède vers une deuxième promotion consécutive.
Qui peut surprendre ?

Grèce. Sous la direction d’Ivan Jovanović, l’équipe a atteint la Ligue A pour la première fois, confirmant son succès par une victoire 3-0 en Écosse lors des barrages. La génération de Konstantinos Karetsas, Giannis Konstantelias et Christos Tzolis va être confrontée à un test de taille : l’Allemagne, les Pays-Bas et la Serbie. L’entraîneur affirme que l’objectif est de se maintenir dans l’élite. Mais si cette jeune équipe résiste lors des quatre premières journées, elle pourrait également s’inviter dans la course à la deuxième place.
Norvège. Il n’y a pas si longtemps, la sélection n’avait plus participé à une Coupe du monde depuis 1998 ; cet été, elle a atteint les quarts de finale en éliminant le Brésil en huitièmes. Sa victoire dans le groupe de Ligue B l’a propulsée face au Portugal, au Danemark et au pays de Galles. Haaland et Martin Ødegaard devront désormais faire preuve de régularité contre les meilleures équipes. Une qualification pour les quarts de finale de la Ligue des nations confirmerait que le succès estival était une étape dans la progression de l’équipe.
Türkiye. La promotion en Ligue A, obtenue après les barrages contre la Hongrie, ouvre un nouveau niveau de compétition à Arda Güler et ses partenaires. Les six rencontres face à la France, l’Italie et la Belgique donneront une réponse précise sur les progrès réalisés par l’équipe. Après son échec au Mondial 2026, la Türkiye devra démontrer sa valeur. L’objectif minimal est de se maintenir dans l’élite ; le maximum sera de devancer au moins deux adversaires et d’atteindre les quarts de finale.
Suède. Les neuf buts de Gyökeres et la victoire dans le groupe de Ligue C avaient rendu la saison précédente presque parfaite. L’arrivée de Graham Potter a eu un effet très positif sur l’équipe. Mais dans le groupe B4, les Suédois devront affronter la Pologne, la Bosnie-Herzégovine et la Roumanie, les Polonais visant un retour dans l’élite. Pour la Suède, la lutte pour la première place permettra de vérifier si cette ascension rapide peut se transformer en résultat durable.
Format et calendrier : ce qui a changé
Lors de la saison 2026/27, les sélections sont réparties dans quatre ligues — A, B, C et D. Les trois premières comptent quatre groupes de quatre équipes ; la Ligue D comprend deux groupes de trois. Les adversaires s’affrontent à domicile et à l’extérieur : les équipes des ligues A à C disputent six matches de groupe, celles de la Ligue D quatre. Les vainqueurs et les deuxièmes des groupes de Ligue A accéderont aux quarts de finale aller-retour en mars 2027. Les quatre vainqueurs disputeront le tournoi final du 9 au 13 juin 2027.
Le calendrier est particulièrement dense. Les quatre premières journées se dérouleront du 24 septembre au 6 octobre 2026, les deux dernières du 12 au 17 novembre. Les quarts de finale et les principaux barrages de promotion-relégation sont programmés du 25 au 30 mars 2027. La profondeur de l’effectif et la capacité à gérer la charge de travail pourraient donc être aussi importantes que le onze de départ lors de cette édition.
L’UEFA a ajusté le système de promotion et de relégation en septembre. Les vainqueurs des groupes des ligues B et C sont promus, mais le statut des équipes terminant troisièmes et quatrièmes de la Ligue A dépendra de la comparaison de leurs résultats entre les groupes : certaines se maintiendront, d’autres disputeront des barrages et les deux moins bonnes quatrièmes seront directement reléguées. Les équipes de la Ligue D accéderont à la Ligue C après cette saison. La raison de cette réforme est déjà actée : à partir de la saison 2028/29, la Ligue des nations comptera trois divisions au lieu de quatre, avec 18 équipes dans chacune.
Pourquoi la Ligue des nations est-elle importante pour l’Euro 2028 ?

La victoire dans le groupe cette saison pourrait constituer une voie de secours vers le championnat d’Europe. Selon le règlement des qualifications, les 12 vainqueurs de groupe et les huit meilleures équipes classées deuxièmes accéderont directement à l’Euro. Deux places supplémentaires sont réservées aux pays hôtes s’ils ne parviennent pas à se qualifier ; les billets restants seront attribués lors de barrages.
Lors de ces barrages, entre quatre et neuf places, selon les résultats des pays hôtes et la configuration des qualifications, seront réservées aux vainqueurs des groupes des ligues A, B et C de la Ligue des nations 2026/27 qui ne se seront pas qualifiés pour l’Euro et n’auront pas atteint les barrages via les qualifications principales. Si le nombre de ces équipes est insuffisant, le règlement prévoit une attribution complémentaire des places au classement de la Ligue des nations, en commençant par le meilleur vainqueur de groupe de la Ligue D. La première place dans un groupe de la Ligue des nations ne garantit pas à elle seule un billet pour l’Euro, mais elle peut préserver une chance même après une campagne de qualifications ratée.
Voilà pourquoi le coup d’envoi de septembre est important aussi bien pour les favoris que pour les sélections du deuxième échelon.
Steven Perez
L'expert de Dailysports