Saprissa condamnée à verser plus de 430 000 $ après avoir perdu la bataille juridique devant le TAS concernant le transfert de Jimmy Marín
Le géant du football costaricien, le Deportivo Saprissa, a été condamné par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à payer plus de 430 000 dollars au club israélien Hapoel Be'er Sheva, à la suite d'un litige concernant le transfert en 2022 du milieu de terrain Jimmy Marín vers le club russe du FC Orenburg. Cette décision, définitive et exécutoire, intervient après le rejet de l'appel de Saprissa par le tribunal basé à Lausanne.
Selon plusieurs médias costariciens, dont La Nación, Columbia Deportiva et El Mundo, l'affaire trouve son origine dans la demande de Hapoel Be’er Sheva, qui estimait avoir droit à une part du montant du transfert de Marín. Saprissa soutenait que le départ de Marín vers la Russie n'était pas un transfert classique entre clubs, mais une rupture unilatérale de contrat initiée par le joueur via une clause libératoire. Toutefois, le TAS a donné raison au club israélien, considérant le départ comme un transfert nécessitant le respect des obligations financières antérieures par Saprissa.
La décision oblige Saprissa à verser 375 000 dollars à titre d’indemnisation, 56 250 dollars supplémentaires d’intérêts calculés à 15 % à partir du 19 juillet 2023, ainsi que 4 000 francs suisses (environ 4 400 dollars) pour les frais juridiques engagés par Hapoel. Le montant total dû dépasse ainsi les 435 000 dollars. Saprissa dispose de 45 jours à compter de la date de la décision pour s’acquitter de la somme, sous peine d’interdiction d’enregistrer de nouveaux joueurs lors des prochaines fenêtres de transferts.
En réaction, Saprissa a publié un communiqué affirmant que, bien que le club « respecte la décision finale du TAS, il n’est pas d’accord avec celle-ci », réitérant sa conviction que l’affaire concernait une rupture unilatérale du contrat par le joueur et non une transaction directe. « Cette conviction nous a amenés à défendre notre position à chaque étape, y compris lors de l’appel devant le TAS », précise le communiqué. Le club ajoute qu’il « évaluera les prochaines démarches dans le cadre juridique approprié » et réaffirme son « engagement envers la transparence, la gestion responsable et la défense des intérêts du club ».
Cependant, comme l’a précisé l’expert en droit du sport Rodrigo Chaves dans ElMundo.CR, il n’existe pas de voie de recours formelle contre une décision du TAS en matière sportive. Le seul recours possible serait de saisir le Tribunal fédéral suisse, la plus haute juridiction de Suisse, où siège le TAS. Chaves souligne que de telles démarches sont rares et juridiquement complexes, nécessitant généralement la preuve d’irrégularités procédurales graves ou de violations de l’ordre public.
Pendant que Saprissa explore cette éventuelle voie légale, le délai fixé par le TAS court toujours. Si le club ne s’acquitte pas de la somme fixée dans les 45 jours, il pourrait se voir interdire l’enregistrement de nouveaux joueurs lors des trois prochaines fenêtres de transferts—une sanction qui porterait un coup sévère aux ambitions sportives de l’équipe.
Le litige remonte au départ de Marín de Saprissa en 2022. Après des passages à Hapoel Be’er Sheva puis à Saprissa, le joueur a rejoint Orenburg. Saprissa soutenait que le club russe s’était contenté de payer la clause libératoire, alors que Hapoel affirmait que le club costaricien avait contourné un accord lui garantissant un pourcentage sur tout futur transfert.
Avec la clôture de ce dossier au niveau de l’arbitrage sportif, l’impact financier et réputationnel sur Saprissa est significatif. Si le club maintient sa version des faits, il doit désormais peser les conséquences juridiques et pratiques de l’exécution—ou non—de la décision du TAS.
Facundo Trotta Arrieta
L'expert de Dailysports
Traduit par les éditeurs