Raphinha absent, Mané de retour : les plus grosses surprises de la liste du Ballon d’Or 2026
Désiré Doué et le champion du monde Mikel Oyarzabal ont, à la surprise générale, été écartés, tandis que les stars de Saudi Pro League Julián Quiñones et Sadio Mané figurent parmi les 30 nommés. Dailysports passe en revue les principales surprises de la liste du Ballon d’Or 2026, qui vient tout juste d’être dévoilée.
La liste complète des 30 nommés pour le Ballon d’Or 2026 a enfin été révélée et, comme souvent, la sélection de France Football suscite presque autant de débats que le classement final lui-même.
Parmi les candidats figurent évidemment les superstars attendues : Harry Kane, Kylian Mbappé, Lamine Yamal, Rodri, Erling Haaland, Ousmane Dembélé, Vinícius Júnior ou encore Lionel Messi sont tous présents.
Mais les véritables discussions ont commencé un peu plus bas dans la liste.
Le Paris Saint-Germain compte un impressionnant total de dix joueurs actuels parmi les nommés, dont sa recrue estivale Ferran Torres — un record dans l’histoire du Ballon d’Or — mais l’un des joueurs les plus talentueux de l’équipe qui a conservé son titre en Ligue des champions manque à l’appel. L’Espagne, championne du monde, possède six représentants, mais Mikel Oyarzabal, auteur de cinq buts pendant le Mondial, n’en fait étonnamment pas partie. Quant au Barcelonais Raphinha, il est passé de la cinquième place mondiale à une absence totale du top 30 en seulement douze mois.
À l’inverse, la liste contient deux attaquants évoluant en Saudi Pro League que peu de personnes auraient imaginé parmi les nommés il y a encore un an : Sadio Mané, 34 ans, et l’impressionnant international mexicain d’Al-Qadsiah, Julián Quiñones.
Alors, qui sont les grands gagnants et les grands perdants de l’annonce de cette liste ?
Les absences surprises
1. Désiré Doué — le plus gros oublié de tous ?

L’absence de Raphinha fera certainement les gros titres dans le monde entier, mais l’omission la plus difficile à expliquer est peut-être celle de Désiré Doué.
Le Parisien a immédiatement présenté l’absence du Français comme la principale surprise de la liste des 30 nommés. Le contraste est d’autant plus frappant que le PSG est massivement représenté, alors que Doué est le seul titulaire régulier de l’équipe championne d’Europe à avoir été laissé de côté.
Et ce n’est certainement pas parce qu’il a réalisé une mauvaise saison.
Malgré plusieurs problèmes physiques, Doué a terminé l’exercice 2025/26 avec 13 buts et 11 passes décisives en 41 matchs avec le PSG. Cinq de ses buts ont été inscrits en Ligue des champions, compétition remportée par l’équipe de Luis Enrique pour la deuxième saison consécutive. À 21 ans, il a également été élu meilleur jeune joueur de Ligue 1 pour la deuxième année de suite.
Sa Coupe du monde n’a pas non plus été décevante. Doué a participé au parcours de l’équipe de France et a marqué lors de la victoire 4-1 contre la Norvège en phase de groupes, avant que les Bleus n’atteignent finalement les demi-finales.
Et il reste un élément peut-être encore plus surprenant : Doué avait terminé 14e du Ballon d’Or 2025.
Un joueur qui était considéré il y a un an comme le 14e meilleur footballeur de la planète, qui est resté important au sein d’une équipe ayant conservé la Ligue des champions et qui a continué à être décisif aussi bien en club qu’en sélection a donc totalement disparu du top 30.
Parmi toutes les absences, celle-ci est probablement la plus difficile à comprendre.
2. Mikel Oyarzabal — des chiffres qui rendent son absence presque incompréhensible

Si Doué est peut-être l’absent le plus surprenant en matière de statut et de réussite collective, Mikel Oyarzabal possède sans doute le dossier statistique le plus solide parmi tous les joueurs écartés.
Dans son dernier classement des favoris au Ballon d’Or publié après la Coupe du monde, GOAL plaçait le capitaine de la Real Sociedad à la 15e position. Ses chiffres sur l’ensemble de la saison 2025/26, club et sélection confondus, sont exceptionnels : 32 buts et neuf passes décisives, auxquels s’ajoutent deux trophées majeurs, la Coupe du monde et la Coupe du Roi.
Le Mondial aurait dû considérablement renforcer sa candidature.
Oyarzabal a inscrit cinq buts au cours du tournoi remporté par l’Espagne, terminant meilleur buteur de la Roja en Amérique du Nord. Il était titulaire en finale contre l’Argentine, à la pointe de l’attaque, lorsque l’Espagne a décroché son deuxième titre mondial.
À presque tous les niveaux, il s’agissait de la meilleure saison de sa carrière.
Et pourtant, son nom ne figure pas parmi les 30 nommés.
Le choix devient encore plus intrigant lorsqu’on le compare au cas Ferran Torres. Torres a incontestablement inscrit le but espagnol le plus important de l’année, mais la production globale d’Oyarzabal a été nettement supérieure et l’attaquant de la Real Sociedad a occupé le poste de numéro neuf titulaire de l’Espagne pendant toute la Coupe du monde.
L’un est nommé au Ballon d’Or. L’autre ne l’est pas.
Peu de décisions dans cette liste 2026 devraient susciter davantage de débats.
3. Raphinha — de cinquième joueur mondial à absent du top 30

Douze mois peuvent représenter une éternité dans l’univers du Ballon d’Or.
Raphinha avait terminé cinquième du Ballon d’Or 2025, avec seulement quatre joueurs devant lui sur la planète. En 2026, il ne figure même plus parmi les 30 candidats.
Sa saison a certes été moins spectaculaire que son extraordinaire campagne 2024/25, mais il serait absurde de parler d’un mauvais exercice.
Malgré une absence importante en raison de plusieurs blessures, le Brésilien a inscrit 21 buts avec le FC Barcelone, soit autant que Ferran Torres, et n’a été devancé que par Lamine Yamal au classement des buteurs du club. Il a aidé le Barça à remporter la Liga et la Supercoupe d’Espagne, tout en étant désigné MVP de la finale de la Supercoupe après son doublé contre le Real Madrid.
La Coupe du monde a probablement bouleversé sa trajectoire vers le Ballon d’Or.
Raphinha a débuté les deux premiers matchs du Brésil, mais des problèmes musculaires l’ont ensuite empêché de rejouer dans le tournoi. La Seleção a finalement été éliminée en huitièmes de finale par la Norvège d’Erling Haaland.
Dans une année où les performances internationales ont inévitablement pesé très lourd, cette absence au pire moment semble lui avoir coûté cher.
Le constat reste néanmoins brutal :
De cinquième joueur mondial à absent du top 30.
4. Pedri — un champion du monde laissé de côté

L’absence de Pedri est statistiquement moins scandaleuse que celles de Doué, Oyarzabal ou Raphinha, mais elle pourrait être l’un des cas les plus intéressants à débattre sur le plan footballistique.
Le milieu du FC Barcelone a disputé 43 matchs officiels en 2025/26, délivrant 12 passes décisives — le meilleur total de sa carrière — et inscrivant deux buts. Il est resté l’une des pièces maîtresses du milieu blaugrana tandis que l’équipe de Hansi Flick remportait la Liga et la Supercoupe d’Espagne.
Puis il a disputé la Coupe du monde et est devenu champion du monde. Le FC Barcelone souligne d’ailleurs que Pedri a participé à chaque rencontre du parcours victorieux de l’Espagne.
Pourtant, lorsque la liste du Ballon d’Or a été dévoilée, l’Espagne comptait six nommés — Lamine Yamal, Pau Cubarsí, Marc Cucurella, Rodri, Fabián Ruiz et Ferran Torres — mais pas Pedri.
C’est précisément ce qui rend son absence remarquable.
Le jeu de Pedri n’a jamais été défini par ses buts, ce qui peut devenir un handicap lors des récompenses individuelles. Mais si l’un des milieux les plus importants du champion d’Espagne peut contribuer au sacre mondial de sa sélection tout en restant hors du top 30, la question de la manière dont les milieux créateurs sont évalués dans le vote du Ballon d’Or revient une nouvelle fois sur la table.
5. Bradley Barcola — une autre victime côté PSG

Doué n’est pas le seul attaquant passé par le PSG à avoir été oublié.
Bradley Barcola, qui a quitté Paris pour Liverpool cet été, a disputé 49 rencontres avec le PSG en 2025/26, pour 13 buts et sept passes décisives. Il faisait partie de l’équipe qui a conservé son titre en Ligue des champions avant de rejoindre l’équipe de France pour la Coupe du monde.
Et c’est justement sur la scène internationale qu’il a retrouvé toute son efficacité devant le but, inscrivant trois buts pendant le Mondial alors que les Bleus atteignaient les demi-finales.
Les médias français ont immédiatement associé Barcola à Doué parmi les absences les plus remarquées.
Son dossier est certes un peu moins solide que celui de son ancien coéquipier. Barcola n’était pas toujours un titulaire indiscutable dans l’équipe de Luis Enrique et la concurrence offensive à Paris était particulièrement forte.
Mais lorsque tant de joueurs issus de la même équipe championne d’Europe figurent parmi les candidats, l’absence d’un attaquant de 24 ans qui a également marqué trois buts en Coupe du monde ne peut que retenir l’attention.
6. Julián Álvarez — brillant en Europe, mais toujours hors du top 30

Julián Álvarez appartient probablement davantage à la catégorie des « absences discutables » qu’à celle des véritables scandales.
Ses chiffres sont néanmoins largement suffisants pour poser des questions.
L’attaquant de l’Atlético de Madrid a terminé la saison 2025/26 avec 20 buts et neuf passes décisives en 49 apparitions. Plus impressionnant encore, dix de ses réalisations ont été inscrites en Ligue des champions — un nouveau record sur une seule campagne européenne pour un joueur de l’Atlético — alors que l’équipe de Diego Simeone atteignait les demi-finales.
Álvarez a également disputé une nouvelle finale de Coupe du monde avec l’Argentine. Il était titulaire aux côtés de Lionel Messi contre l’Espagne et a joué 101 minutes avant d’être remplacé pendant la prolongation.
Son absence peut se comprendre compte tenu de l’immense concurrence parmi les attaquants cette année.
Mais dix buts en Ligue des champions, 29 contributions directes à des buts en club et une finale de Coupe du monde constituent généralement un CV digne du Ballon d’Or.
Les présences surprises
1. Julián Quiñones — comment un attaquant de Saudi Pro League a-t-il intégré le top 30 du Ballon d’Or ?

S’il existe un nom capable d’inciter immédiatement les supporters européens les moins familiers avec le football saoudien à ouvrir Google, c’est bien celui de Julián Quiñones.
L’international mexicain a été retenu devant Oyarzabal, Raphinha, Doué et Álvarez alors qu’il évolue en club avec Al-Qadsiah, en Arabie saoudite.
À première vue, il s’agit probablement de la sélection la plus inattendue de toute la liste.
Puis on regarde ses statistiques.
Quiñones a inscrit 37 buts en 35 matchs de club. Parmi eux, 33 ont été marqués en Saudi Pro League, ce qui lui a permis de terminer meilleur buteur du championnat lors de la saison 2025/26.
Et contrairement à de nombreux joueurs très prolifiques dans le championnat saoudien, il a également réussi à transposer cette efficacité sur la plus grande scène internationale.
Quiñones a inscrit quatre buts avec le Mexique lors de la Coupe du monde, dont le tout premier but de la compétition, et a aidé l’un des pays organisateurs à atteindre la phase à élimination directe.
Soudainement, sa nomination devient beaucoup plus facile à comprendre.
Il reste peut-être la plus grosse surprise de la liste, mais il ne s’agit certainement pas d’un choix fantaisiste.
Qui est Julián Quiñones et comment un attaquant de Saudi Pro League a-t-il réussi à entrer dans le top 30 du Ballon d’Or ?
Après 37 buts en club et quatre autres lors d’une Coupe du monde disputée à domicile, la réponse est finalement plutôt convaincante.
2. Sadio Mané — la CAN l’a-t-elle ramené parmi l’élite ?

Sadio Mané est de retour.
À 34 ans, plusieurs saisons après avoir quitté le très haut niveau du football européen et désormais sous les couleurs d’Al-Nassr, l’ancienne star de Liverpool ne figurait probablement pas dans beaucoup de prédictions pour le Ballon d’Or au début de la saison 2025/26.
Et pourtant, son nom apparaît bel et bien parmi les 30 finalistes.
Sa saison en club en Arabie saoudite a été solide, mais ce sont surtout ses performances en sélection qui ont transformé sa candidature.
Mané a signé l’une des performances individuelles les plus marquantes de la Coupe d’Afrique des Nations. Il a inscrit le but de la victoire contre l’Égypte en demi-finale, répondu présent à plusieurs moments sous haute pression et a officiellement été désigné meilleur joueur du tournoi par la CAF.
Le groupe d’étude technique de la CAF l’a également inclus dans l’équipe-type de la compétition.
Cela semble avoir suffi pour replacer l’un des plus grands joueurs africains de l’ère moderne au cœur de la discussion autour du Ballon d’Or.
Sa présence dit aussi quelque chose de la philosophie du vote cette année : les performances réalisées hors des cinq grands championnats européens peuvent toujours peser énormément lorsqu’elles sont accompagnées d’un tournoi international exceptionnel.
La CAN a-t-elle permis à Mané de retrouver l’élite du Ballon d’Or ?
Tout porte à le croire.
3. Ferran Torres — un seul but peut-il suffire pour entrer dans le top 30 du Ballon d’Or ?

Ferran Torres est peut-être le candidat européen le plus fascinant de cette liste.
Sa saison en club a été bonne. Très bonne, même.
L’attaquant a inscrit 21 buts avec le FC Barcelone, dont 16 en Liga, contribuant au titre de champion d’Espagne et au succès en Supercoupe. Mais pendant une grande partie de la saison, il n’était pas un titulaire incontestable. La situation était similaire en Coupe du monde, où il a souvent dû se contenter d’un rôle de remplaçant.
Puis est arrivé le 19 juillet, dans le New Jersey.
L’Espagne et l’Argentine étaient toujours à 0-0 pendant la prolongation de la finale de la Coupe du monde lorsque Torres, entré en cours de match, a marqué à la 106e minute.
L’Espagne s’est imposée 1-0.
Torres venait d’inscrire le but qui faisait de son pays le champion du monde.
Quelle valeur peut avoir un seul instant dans le vote du Ballon d’Or ?
Nous sommes peut-être sur le point de le découvrir.
Lors de la Coupe du monde 2014, Mario Götze n’était pas la plus grande star de l’Allemagne et avait réalisé une saison solide, mais pas extraordinaire, avec le Bayern Munich. Puis il est entré en jeu et a marqué l’unique but de la finale contre l’Argentine.
Götze avait finalement terminé 15e du classement du Ballon d’Or 2014.
Douze ans plus tard, Ferran a presque reproduit la même histoire : remplaçant, finale de Coupe du monde, Argentine, prolongation, but de la victoire.
Et désormais, nomination au Ballon d’Or.
Un seul but peut-il vous faire entrer dans le top 30 du Ballon d’Or ?
Probablement pas à lui seul. Torres a tout de même inscrit 21 buts avec Barcelone et contribué au titre en Liga.
Mais sans cette frappe à la 106e minute contre l’Argentine, il est difficile d’imaginer Ferran être retenu devant Oyarzabal, Raphinha, Doué et Álvarez.
Une liste façonnée par la Coupe du monde
S’il y a une leçon évidente à tirer des nominations de 2026, c’est que la Coupe du monde a tout changé.
Raphinha a inscrit 21 buts avec Barcelone mais a pratiquement disparu du Mondial à cause d’une blessure — et il est sorti du top 30. Oyarzabal a marqué cinq buts pendant la Coupe du monde et a malgré tout été écarté. Pedri est devenu champion du monde, mais a été oublié alors que plusieurs de ses coéquipiers espagnols ont été retenus.
Dans le même temps, Ferran Torres a transformé un seul coup de pied gauche en l’un des moments les plus marquants de l’année footballistique. Quiñones a donné une dimension mondiale à une saison extraordinaire en Saudi Pro League grâce à quatre buts sur la scène de la Coupe du monde. Et Mané a démontré qu’un tournoi continental exceptionnel pouvait encore permettre à un vétéran évoluant hors d’Europe de revenir dans la course à la plus prestigieuse récompense individuelle du football.
Il y aura toujours des discussions concernant les dernières places disponibles dans une liste de 30 candidats au Ballon d’Or.
Mais en 2026, certains de ces débats sont particulièrement difficiles à ignorer.
Désiré Doué, Mikel Oyarzabal et Raphinha sont absents. Julián Quiñones, Sadio Mané et Ferran Torres sont présents.
Et le débat ne fait que commencer.
Steven Perez
L'expert de Dailysports