Pourquoi la pubalgie (également appelée « hernie sportive ») connaît-elle une recrudescence chez les athlètes en ce moment ?
Physio Scout
L'expert de Dailysports
Traduit par les éditeurs
Pourquoi maintenant ? Parce qu’un groupe de jeunes stars (par exemple, Lamine Yamal, Claudio Echeverri/Mastantuono, Nico Williams et Cole Palmer) ressentent tous le même problème, au même endroit : la jonction abdominaux-groin. Cette blessure vole l’explosivité, persiste lors des périodes de matchs rapprochés et ne disparaît pas avec « deux semaines de repos et de l’espoir ».
Qu’est-ce que la pubalgie ?
Il s’agit d’une blessure de surcharge de la jonction abdominaux-groin, provoquée par des changements de direction répétés, des décélérations et des frappes de balle. Ces gestes créent une lutte permanente entre les abdominaux inférieurs (grand droit de l’abdomen) et les tendons des adducteurs, près de l’os pubien.
- Souvent appelée « hernie sportive ». Il n’y a pas de véritable hernie ni de grosseur visible – il s’agit d’une irritation des tissus mous liée à la surcharge.
- Zone principale : la gaine tendineuse commune (aponévrose) entre le grand droit de l’abdomen et l’adducteur long. Le cisaillement peut également irriter la symphyse pubienne.
Effet sur le terrain : douleur lors des changements de direction ou des pivots, perte d’accélération maximale, puissance de frappe atténuée. Si elle n’est pas traitée, la blessure devient chronique. Il vaut mieux ne pas en arriver là…
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Anatomie en action
- Le grand droit de l’abdomen (abdos inférieurs) tire vers le haut, l’adducteur long (aine) tire vers le bas → forces opposées constantes à la jonction pubienne.
- Les gestes répétés à haute intensité (changement de direction → freinage → frappe) génèrent des contraintes excentriques et des forces de cisaillement à travers l’aponévrose (autour de la zone de jonction musculaire) et la symphyse.
- L’athlète « le sent » lors de : virages serrés, descentes de marche, exercices d’adduction, parfois même lors de crunchs ou de sit-ups, et lors de frappes puissantes.
Études de cas
Lamine Yamal
- Ce que l’on rapporte : d’abord annoncé absent deux semaines pour une douleur à l’aine ; il est revenu sans être totalement rétabli. Symptômes persistants de pubalgie : gêne, explosivité réduite.
- À retenir : un court repos ≠ traitement. Cette pathologie nécessite un renforcement progressif + une réintroduction contrôlée sur plusieurs semaines, pas un simple cycle arrêt-reprise.
Cole Palmer
- Annonce initiale : 2–3 semaines pour un problème à l’aine → finalement prolongé d’environ 6 semaines supplémentaires.
- Interprétation : plus complexe qu’une simple élongation des adducteurs ; le tableau correspond à une pubalgie, avec un risque d’ostéite pubienne si la surcharge se poursuit.
- Conclusion : la réussite dépend d’un renforcement progressif + d’une charge spécifique au football, pas seulement du temps de repos.
(Mastantuono / Nico Williams présentent des histoires similaires de surcharge à la jonction cette saison, jeunes joueurs très sollicités sur des calendriers chargés.)
Pourquoi cette blessure touche-t-elle plus de jeunes athlètes aujourd’hui ?
- Plus de matchs, moins de fondations : la base de renforcement (adducteurs/abdos/hanches) ne suit pas toujours le rythme de l’exposition aux matchs, surtout chez les jeunes, qui n’ont pas encore la force nécessaire pour accompagner leur croissance.
- Spécialisation précoce & jeu toute l’année : moins de vraies intersaisons = moins de fenêtres pour renforcer les tissus et corriger les déséquilibres.
- Poussées de croissance : des changements rapides de taille modifient la biomécanique du bassin et des hanches ; les tendons grandissent moins vite que les os, ce qui augmente la tension sur la jonction abdos-adducteurs.
- Tactiques modernes = plus de gestes à risque. Pressing, décélérations courtes répétées, frappes fréquentes chargent davantage la jonction de l’aine que les styles plus lents basés sur la possession.
À quoi ressemble la rééducation ?
1. Apaiser les symptômes → activation abdos/adducteurs sans douleur.
2. Phase de renforcement → adducteur long, abdos inférieurs, obliques, fléchisseurs/extenseurs de la hanche ; restaurer le contrôle du bassin.
3. Progression sur le terrain → course en ligne droite → freinages contrôlés → changements de direction → frappes à vitesse croissante.
4. Pas de pics soudains dans le volume de sprints/frappes ; la charge augmente graduellement.
5. Retour possible lorsque :
- Force adducteurs/abdos symétrique (dans les seuils acceptés),
- Changements de direction/frappes à pleine vitesse sans douleur,
- Pas de rechute le lendemain.
Calendrier typique chez l’élite : ~6–12 semaines si tous les critères sont remplis ; plus longtemps si les symptômes persistent depuis des mois.
Risques de sélection et convocations
- Yamal évoluerait actuellement à environ 50 %, la douleur limitant ses déplacements et ses frappes — un cas classique de pubalgie persistante.
- Deux semaines de repos ne suffisent presque jamais à régler la surcharge de la jonction. Le renforcement progressif + la reprise contrôlée sont essentiels.
- Voyages internationaux + calendrier chargé = risque accru de rechute, surtout chez les joueurs en développement.
- La vraie question : disponibilité aujourd’hui vs. performance dans les 6–8 semaines à venir.
En résumé
- Ce n’est pas « juste une élongation à l’aine ». C’est un problème de surcharge à la jonction.
- Le repos seul ne suffit pas. Renforcement + actions footballistiques progressives sont indispensables.
La pubalgie est une question de gestion de la charge, pas d’endurance mentale. Travaillez l’équilibre force abdos-adducteurs, contrôlez la reprise des gestes à risque, et basez le retour sur des critères objectifs, pas sur le calendrier.
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