Les tentacules du triomphe : le Platense outsider qui a cru et a conquis
Facundo Trotta Arrieta
L'expert de Dailysports
Traduit par les éditeurs
Avec un effectif évalué à seulement 24 millions d’euros—soit près de quatre fois moins que des géants comme River Plate—Platense a déjoué tous les pronostics et décroché son tout premier titre de l’élite en 120 ans d’histoire. Comme l’a rapporté Olé, cette équipe ne s’est pas construite à coups de millions, mais grâce à la résilience, à l’alchimie et à la foi collective.
À la barre, un duo d’entraîneurs indomptables : Martín Orsi et Sergio Gómez. Leur aventure commune a commencé il y a plus de dix ans dans les divisions inférieures, du côté de Fénix, Flandria et Ferro. Aujourd’hui, ils entrent dans la légende comme les premiers co-entraîneurs à remporter la Primera División argentine.

L’ossature du groupe comptait cinq joueurs qui avaient goûté à la défaite lors de la finale 2023. Leonel Picco, qui avait touché le fond à Colón, s’est réinventé à Platense. Ronaldo Martínez, l’attaquant paraguayen infatigable. Raúl Lozano, écarté sur blessure mais resté solidaire. Juan Pablo Pignani, pur produit du centre de formation. Et Ignacio Vázquez, le capitaine inébranlable.
Le centre de formation n’a pas été en reste. Ignacio Schor, buteur décisif sur penalty contre River, a rejoint Platense à 13 ans, à l’époque où le terrain d’entraînement n’était encore que de la terre battue. Franco Minerva, tout juste lancé dans le grand bain, est déjà champion. Luciano Baldassarra, lui, se bat pour le club du « Calamar » depuis 2014.
Puis il y a les recrues devenues chouchous du public. Tomás Silva, prêté par San Lorenzo, a muselé Mastantuono au Monumental. Enzo Roldán, Rodrigo Herrera et Edgar Elizalde ont apporté rigueur et régularité. Des prolongations clés, comme celle d’Oscar Salomón, ont renforcé la défense.
Des renforts décisifs sont arrivés en 2024. Vicente Taborda, prêté par Boca, résume l’état d’esprit : « À Platense, je me suis senti valorisé. » Augusto Lotti, arrivé à la mi-2023, a gagné sa place à la force du poignet. Et Franco Zapiola, auteur du but qui a enflammé le rêve contre San Lorenzo, est devenu le porte-bonheur de l’équipe.
Le gardien Juan Pablo Cozzani, formé à Deportivo Maipú, a été un rempart solide—à l’image de Saborido, Silva et Vázquez. Sur le banc, des entrées décisives : Nicolás Orsini (buteur face au Racing) et Fernando Juárez.
Et enfin, Guido Mainero. L’ancien ailier de l’Instituto, dont le centre du gauche a offert le but du sacre, s’est assuré une place éternelle dans l’histoire du club.
Ce Platense-là n’a pas acheté sa grandeur—il l’a construite. Il lui suffisait d’y croire. Et il l’a fait.