Le rapport de la CONMEBOL place Independiente sous le feu des projecteurs alors que le match contre Platense est suspendu
Facundo Trotta Arrieta
L'expert de Dailysports
Traduit par les éditeurs
Les répercussions du chaos de mercredi à Avellaneda continuent d’agiter le football sud-américain. Un premier rapport de la CONMEBOL, révélé par TyC Sports, met en lumière les responsabilités d’Independiente, de la police de Buenos Aires et des supporters de l’Universidad de Chile dans les incidents violents qui ont conduit à la suspension de leur rencontre de Copa Sudamericana. Parallèlement, les autorités locales ont suspendu la prochaine rencontre de championnat d’Independiente face à Platense, tandis que la justice enquête sur les événements survenus au stade Libertadores de América-Ricardo Bochini.
Le document de la CONMEBOL rassemble les témoignages de l’arbitre Gustavo Tejera, du délégué paraguayen Michael Sánchez Alvarenga et du responsable de la sécurité désigné. Leurs récits indiquent que les violences ont débuté dès l’échauffement, avec des supporters visiteurs provoquant les locaux, dont un acte raciste filmé montrant un fan chilien imitant un singe et brandissant une banane. Le rapport insiste également sur la responsabilité d’Independiente, qui n’a pas respecté l’instruction de ne pas ouvrir la tribune Sud basse, située juste sous la section visiteurs. Malgré des avertissements explicites, le club a vendu des billets et promis d’engager davantage de sécurité privée, une promesse non tenue le jour du match.
Les responsables de la sécurité de la CONMEBOL ont à plusieurs reprises exhorté la police de Buenos Aires à intervenir dans la section visiteurs pour contenir la violence. Le chef des opérations, l’inspecteur Javier Bibiano, a refusé, invoquant des protocoles internes qui prévoyaient qu’une telle intervention risquait de provoquer une tragédie plus grave. Cette position a été confirmée par le vice-ministre de la sécurité de la province de Buenos Aires, Darío Ruiz, qui a reconnu la responsabilité d’avoir empêché l’entrée de la police dans la tribune visiteurs. En l’absence d’intervention policière, la violence a encore monté d’un cran, avec des envahissements de terrain, des supporters blessés et des attaques dans la rue contre les bus de l’équipe visiteuse.
L’instance dirigeante a averti que les deux clubs risquent des sanctions allant d’amendes et de matches à huis clos à une exclusion de l’actuelle Copa Sudamericana et des futures compétitions. Independiente et l’Universidad de Chile ont jusqu’au mercredi 27 pour présenter leur défense. La CONMEBOL examine également les preuves audiovisuelles et les témoignages officiels qui mettent en avant les défaillances du club et des forces de sécurité locales.
Sur le plan national, la crise a perturbé le calendrier de la ligue argentine. L’Aprevide, l’agence provinciale de sécurité, a suspendu la rencontre du week-end entre Independiente et Platense, comptant pour la sixième journée du Clausura. Cette décision a été prise après que la justice a ordonné la fermeture préventive du stade, à la suite d’inspections menées par la municipalité d’Avellaneda. Les autorités avaient d’abord envisagé de jouer à huis clos ou de déplacer la rencontre dans un autre stade, mais ont finalement opté pour le report.
Independiente a publié un communiqué acceptant cette mesure et réaffirmant son engagement à permettre le retour des supporters dès que les conditions de sécurité seront réunies. Pour l’instant, le stade Libertadores de América porte les stigmates des violences : portails détruits, installations endommagées, sanitaires démantelés et débris éparpillés, rappel brutal de l’une des nuits les plus violentes de l’histoire récente du football sud-américain.