Le Cameroun centralise les finances du sport, remettant en question l’autonomie de la Fecafoot
L’administration du sport au Cameroun connaît une transformation majeure avec la centralisation de la gestion financière sous l’égide du Ministère des Sports. Une directive signée le 31 décembre 2024, officialisée dans la Loi de Finances 2025, impose désormais que les fonds destinés aux compétitions nationales et internationales soient gérés directement par le Ministère, excluant ainsi des fédérations telles que la Fecafoot.
L’article 171 de la circulaire précise que les fédérations doivent soumettre des demandes de financement, lesquelles seront ensuite allouées et gérées par le Ministère des Sports. Cette réforme vise à améliorer la transparence, mais elle soulève des inquiétudes quant aux éventuels retards administratifs et à la perte d’autonomie des fédérations.
Pour le président de la Fecafoot, Samuel Eto’o, cette décision représente un coup dur. La vision d’Eto’o pour le football camerounais mettait l’accent sur l’indépendance financière comme pilier du développement. Cependant, cette réforme remet en cause cette approche, compliquant ses efforts pour revitaliser le sport dans un contexte déjà tendu avec le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi.
Le timing de la réforme est particulièrement critique, après l’échec de l’équipe nationale à se qualifier pour le CHAN. Les critiques avertissent que, bien que la réforme cherche à renforcer la responsabilité financière, elle risque d’aggraver les relations entre le gouvernement et les fédérations, ouvrant la voie à une période d’incertitude pour le sport camerounais.
Khaled Hegazy
L'expert de Dailysports